Le syndrome du vestiaire (trouble dysmorphique du pénis)

Le syndrome du vestiaire (trouble dysmorphique du pénis)

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La taille du pénis, une préoccupation pour beaucoup d'hommes

D'après une étude publiée dans le British Journal of Urology International, la longueur moyenne d’un pénis en érection se situe entre 13 et 14 cm. Ce qui, comme l'a découvert une étude de 2013, est plus petit que ce que la plupart des hommes pensent.

Et dans une enquête en ligne réalisée en 2006 auprès de plus de 25 000 hommes, près de la moitié des participants ont déclaré qu'ils n'étaient pas satisfaits de la taille de leur bite. 45 % des hommes ont déclaré vouloir un plus grand pénis. Selon l'enquête, la plupart de ces hommes ont un pénis qui se situe dans la fourchette de ce qui est considéré comme normal.

C'est troublant, mais pas surprenant. Vouloir un plus gros sexe n'est qu'un des nombreux effets secondaires néfastes d'un monde qui place des attentes irréalistes sur ce à quoi un homme est censé ressembler.

Qu'est-ce que le trouble dysmorphique du pénis ?

Il arrive que la fixation sur la taille de la bite, et l'obsession d'en vouloir une plus grosse, atteignent un point malsain et perturbent la vie sexuelle et affective d'un homme. Il s'agit d'un phénomène identifié relativement récemment, appelé trouble dysmorphique du pénis (TDP), ou syndrome du vestiaire. Il se présente de la même manière que le trouble dysmorphique du corps, mais localisé à un endroit très spécifique. Ce syndrome récemment reconnu affecte la façon dont les hommes perçoivent leur pénis : l'homme regarde son pénis de taille tout à fait normale et y voit quelque chose d'entièrement différent. Cela provoque anxiété et dépression, interférant avec d'autres aspects de sa vie.

Le syndrome du vestiaire se manifeste généralement à l’adolescence et se poursuit ensuite à l’âge adulte. Ce n’est pas un petit complexe passager. Pour les hommes qui en souffrent, c'est une obsession qui leur gâche la vie. Au-delà du sentiment d’infériorité, les conséquences sur la sexualité peuvent aller jusqu’à provoquer des troubles de l’érection sévères. Si rien n’est fait, les symptômes de la maladie peuvent s’aggraver et prendre des proportions démesurées.

On parle de syndrome du vestiaire car c'est à cet endroit que sont réunies les conditions les plus anxiogènes : se retrouver nu et entouré d’hommes avec lesquels on est généralement en compétition. Pour un homme qui est convaincu d’avoir un petit pénis, c’est un véritable cauchemar de devoir se dévêtir en leur présence. Il cherchera à éviter cette situation par tous les moyens : il ne se changera pas en compagnie d’autres hommes, il prendra sa douche en caleçon ou décidera de ne pas pratiquer de sport.

La recherche sur les TDP est récente. Ils ne figurent pas dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et ne sont pas encore reconnus par beaucoup de professionnels de la santé. Une étude publiée dans Archives of Sexual Behavior en 2015 a été la première à établir des critères permettant d'identifier les TDP chez des patients.

Pour que l'anxiété liée au pénis soit considérée comme un TDP, elle doit provoquer une détresse susceptible d'avoir un impact négatif sur les fonctions sexuelles et relationnelles, par exemple :

➡️ Empêcher un homme de bander ou de maintenir une érection.

➡️ Décourager un homme de faire de nouvelles rencontres

➡️ Causer des problèmes de performance au travail.

Nous parlons ici de personnes pour lesquelles l'inquiétude devient vraiment incontrôlable.

Le syndrome du vestiaire, un complexe irrationnel

La majorité des hommes souffrant du complexe du vestiaire ont un pénis tout à fait dans la norme. Mais ils penseront toujours que leur sexe est trop petit.

Le syndrome du vestiaire n’est pas un complexe rationnel. C’est bel et bien une maladie psychologique. Par ailleurs, l’homme qui souffre du syndrome du vestiaire est convaincu que tout le monde partage son point de vue. Bien sûr, ceci se passerait dans son dos : ses camarades parlent de son petit sexe, ils se moquent et dans le meilleur des cas ils ont un peu de compassion ou de pitié.

Si vous êtes atteint du syndrome du vestiaire, vous savez que la raison ne peut rien pour vous. Vous avez certainement déjà essayé de penser avec pragmatisme et de vous convaincre que votre pénis n’est pas anormal. Vous avez peut-être mesuré et comparé votre verge. Mais rien n’y fait. Et la plupart du temps, plus vous vous efforcez et plus votre obsession grandit.

D’après les recherches, 85 % des hommes sous-estiment la taille moyenne de leur sexe, en supposant que tous les autres ont un pénis beaucoup plus gros.

La cause principale du problème

Le syndrome du vestiaire est un biais de perception. Donc un gars avec un pénis normal le regarde et le considère comme trop petit. La question est de savoir d'où vient ce biais de perception. La pornographie est la cause majeure du problème, où sont mises en avant les idées que plus gros c'est mieux, et que la virilité se mesure par la taille du pénis. Toutes ces choses créent une pression sociale sur les hommes.

syndrome du vestiaire et pornographie

La source de ce problème (des hommes au pénis énorme dans le porno) explique pourquoi les TDP n'entrent que maintenant dans le lexique médical. Comme le phénomène est très récent, il n'existe pas de données fiables sur le nombre d'hommes atteints et sur le profil des personnes les plus susceptibles d'en souffrir. Mais ce phénomène pourrait être plus répandu chez les jeunes générations qui ont été exposées à davantage de pornographie.

Cela ne veut pas dire que tout le porno est mauvais et qu'il pousse les hommes à haïr leur propre pénis. Mais croire que le porno est représentatif de la réalité (des verges en forme de trompe d'éléphant qui bandent pendant 45 minutes) est une partie du problème. Des études antérieures, par exemple, ont établi un lien entre la surconsommation de porno et la dysfonction érectile. En revanche, le lien n'est pas établi lorsque la consommation de pornographie est occasionnelle.

S'il n'est pas diagnostiqué et traité, le trouble dysmorphique du pénis provoque de l'anxiété, des problèmes d'érection et perturbe la capacité d'un homme en bonne santé à avoir des relations sexuelles. Il peut conduire certains hommes à recourir à des procédures d'agrandissement du pénis à la maison.

Quelles sont les solutions ?

solutions syndrome du vestiaire

En parler en couple

Si vous êtes une femme et pensez que votre partenaire souffre de ce trouble, rappelez-lui gentiment ce que la plupart des femmes répètent sans cesse : « Ce n'est pas la taille qui compte ». Et s'il a besoin d'aide que vous ne pouvez pas lui apporter, suggérez-lui (en dehors du lit, lorsque vous êtes tous les deux habillés) qu'il pourrait se sentir mieux en consultant un thérapeute spécialisé dans le sexe.

En parler à un médecin

Si vous êtes une homme, parlez-en à votre médecin traitant. Il saura vous diriger vers un professionnel de la psychologie adapté. D’abord le thérapeute va évaluer votre condition : ensemble vous allez tenter de comprendre à quel point le syndrome du vestiaire affecte votre vie quotidienne. Vous définirez également quelles sont les situations qui sont particulièrement difficiles à vivre. Ensuite, le thérapeute vous demandera de vous confronter à certaines de ces situations. L’idée ici est de modifier progressivement, étape par étape, votre rapport entre la taille de votre sexe et le regard des autres. Bien que tout se fasse en fonction de vos progrès et de votre rythme, ce type de thérapie permettrait d’obtenir de bons résultats rapidement.

Les médecines parallèles

Une autre voie à explorer est la sophrologie. Contrairement à la psychologie, c'est une discipline pseudo-scientifique (non remboursée par la sécurité sociale). Ce type de thérapie est de plus en plus populaire car elle a fait ses preuves auprès de nombreuses personnes atteintes du syndrome du vestiaire. L'objectif est de s’attaquer à l’anxiété car le TDP est souvent lié à un stress excessif, qu’il soit lié à un traumatisme ou non. Généralement les séances ont pour but de trouver les mécanismes qui vont relaxer le corps et l’esprit afin que le patient puisse ensuite les mettre en place lorsqu’il en ressent le besoin. La sophrologie est entièrement verbale, elle est non-tactile. Les techniques de relaxation abordées dépendent du thérapeute, mais elles sont de toute façon très variées : depuis les exercices de respiration, jusqu’à la pensée positive, la méthode Coué et même l’hypnose.

Agrandir son pénis

Pour les hommes qui ont réellement un pénis en dessous de la moyenne, la dernière solution est encore de traiter le problème à la racine et d'agrandir leur pénis. Très peu d'hommes sont au courant qu'il est possible d'augmenter la taille du pénis sans chirurgie, et pourtant nombreux son ceux qui ont réussi. Cela est rendu possible grâce à l'extenseur de pénis. Cet appareil va exercer un étirement sur votre pénis au repos. En portant le dispositif plusieurs heures par jour, votre pénis finit par créer de nouvelles cellules et sa taille augmente de manière permanente. Armez-vous de patience, vous n'aurez pas de résultats facilement : Il faut porter l'extenseur de pénis pendant 1 mois minimum pour commencer à percevoir de réels gains. Le point positif, c'est que les résultats restent. Vous aurez un plus grand pénis en érection à vie.


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